Témoignages de nos anciens (2009)

jeudi 8 janvier 2009
par  Evelyne Buissière

« Avant d’être en hypokhâgne, je ne voulais pas y aller. Flemme très certainement, un peu peur de ce qu’on disait en tout cas : tu vas rester cloîtrée, plus de musique, plus de temps pour ne rien faire, plus de temps pour… quoi que ce soit d’autre. Le principe : rat de bibliothèque, avaleur de cartouches d’encres, rongeur de copies doubles. Aucune envie.
Après un an d’hypokhâgne, je me suis rendu compte que je ne voulais plus partir. Je n’avais été ni un rat, ni un rongeur, j’avais avalé quelques cartouches d’encre mais rien de grave. Seulement j’avais découvert que ce qu’on nous apprenait depuis le début, « facile », limité puisqu’on pouvait tout savoir du programme, était faux. Faux dans le sens où ce qu’on savait n’était que l’infime partie d’un monde qui s’ouvrait devant nous, dont nos professeurs nous avaient donné la clef, non plus en laissant leur main sur la nôtre pour dessiner indéfiniment le geste à notre place, mais en nous laissant un peu libres, au moins de réfléchir, au mieux de trouver nous-mêmes encore d’autres clefs. J’avais découvert aussi qu’on pouvait se passionner pour quelque chose : les lettres, l’histoire, l’anglais, l’allemand, la géographie, la philosophie, que sais-je, le russe ! Rien n’était plus inférieur, comme on se dit en terminale que l’anglais est bête parce qu’on nous pose des questions stupides, qu’on nous fait répéter « mon tailleur est riche » quand on n’a pas de tailleur, etc. Là, on passait au tailleur de Shakespeare, on pouvait se moquer un peu de Rousseau, affirmer un respect immense pour Racine et se mettre en colère contre des nouveaux modèles de chalets savoyards.

Lors de ma première khâgne, j’ai découvert qu’on pouvait avoir des notes différentes. Affirmation des choix entrevus ou entrepris en hypokhâgne, découverte d’un concours et d’exigences particulières, nouvel aperçu avec d’autres professeurs… Je me suis rendu compte, là encore, qu’on pouvait aussi vivre. Je n’ai pas travaillé au point de détester ce que je faisais ; je n’ai pas passé mes soirées dans les bibliothèques ; je suis allée au théâtre, j’ai fait beaucoup de musique, j’ai beaucoup lu, pas nécessairement ce qu’il fallait. J’ai été sous-admissible à l’ENS ; j’ai obtenu une place – sur concours – à l’Ecole de Bibliothécaires Documentalistes de Paris. J’ai choisi de reporter cette admission.

Lors de ma seconde khâgne, entreprise par désir de continuer non pour le concours mais pour apprendre, pour écrire et pour réfléchir dans un cadre général, j’ai découvert qu’on pouvait être au lycée et être adulte, commencer à véritablement réfléchir par soi-même. Plutôt que d’écrire une idée que je n’appréciais pas, j’en cherchais d’autres. Bien sûr, il y avait la pression du concours – réelle, cette fois-ci, nous étions une bonne classe et je n’avais pas de mauvais résultats –, mais cela ne m’importait pas en premier lieu. L’essentiel était cela : j’avais trouvé un endroit, dans et hors ma tête, où l’on pouvait aller loin. J’ai essayé d’aller le plus loin possible. Les professeurs ont toujours été disponibles, l’ambiance n’a jamais été marquée par la rivalité dont on parle tant quant il s’agit d’intégrer une Parisienne. J’ai été à nouveau sous-admissible. Je ne suis jamais autant allée au théâtre ; nous avons même monté une pièce entre étudiants de CPGE. L’atelier continue cette année au lycée Champollion.

J’ai intégré, cette année, l’Ecole de Bibliothécaires Documentalistes. Très professionnalisant, le cursus mène 90% des élèves à un emploi à la fin des deux ans. Rien n’est facile, mais l’ensemble montre que tout savoir est utile, et que même après deux ou trois ans de CPGE littéraires on peut devenir spécialiste d’Internet.
Je continue, cette année, la littérature. Je n’avais pas envie d’aller en Hypokhâgne ; la littérature est devenue vitale pour moi. C’est possible ; même après un baccalauréat scientifique. Je crois qu’il suffit de se rendre compte de la chance qu’on a d’y être, d’apprendre, et de réfléchir un peu »
Gabrielle Panetrat, Khâgne moderne 2005-2006 et 2006-2007.

« Mon parcours en prépa
Je suis arrivée à Champollion un peu par hasard. Comme beaucoup, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire après la Terminale, j’aimais toutes les matières littéraires et ne voulais pas faire de choix et me fermer des portes en allant à la fac. C’est ce qui m’a menée à la classe préparatoire. Je m’y suis très vite sentie très à l’aise, avec des professeurs à l’écoute, contrairement à ce que la rumeur classe prépa veut bien laisser entendre, qui m’ont accompagnée tout au long de ces deux années, qui resteront deux années extraordinaires de ma scolarité. Deux années intenses, dans tous les sens du terme, donc…aussi bien en rencontres, qu’en apprentissage. C’est assez naturellement que j’ai choisi de me spécialiser en Anglais en Khâgne dans la mesure où cette spécialisation reste assez généraliste avec des cours de littérature, de civilisation et de traduction. La fin de ma classe prépa a ainsi été couronnée de succès, puisque j’ai été admissible à l’ENS de Lyon, et admise au CELSA (Grande Ecole de communication au sein de l’Université Paris-Sorbonne).

Ce que la prépa m’a apporté
J’ai appris trois choses en prépa : lire, écrire et parler. Cela paraît idiot, mais ce n’est pas donné à tout le monde. Et la classe préparatoire est un excellent moyen d’apprendre à travailler vite et bien. J’ai appris à lire, autrement dit j’ai appris à lire entre les lignes d’un texte de littérature, d’histoire ou de philosophie. Tous les concepts abordés pour parler de Platon ou de Kant m’ont permis de comprendre le monde qui m’entourait, de lire un journal en comprenant très vite tous les enjeux d’actualité. La classe prépa apporte avant tout ce regard sur le monde, un regard curieux et alerte de tout. J’ai appris à écrire aussi. En effet, structurer sa pensée dans une dissertation c’est aussi structurer sa façon de penser en général, et cela sert à tout le monde, tout le temps. Je suis actuellement en école de communication, au CELSA, et je me suis aperçue, à travers mes stages, que les qualités rédactionnelles, le style, la pertinence, la clarté, la structure que j’ai acquis en classe préparatoire me serviront dans tous les aspects de ma vie professionnelle. Ces qualités sont d’autant plus recherchées dans les métiers de la communication et du journalisme. J’ai enfin appris à parler. J’ai appris à parler de quelque chose en structurant mon discours, même à l’oral, en évitant le flot de parole au fil de la pensée. Ces trois qualités sont certes basiques mais pourtant fondamentales. Au-delà des connaissances théoriques assimilées au cours de ces deux années, ce qui reste pour toute la vie sont, je pense, la curiosité, la vivacité d’esprit, et bien sûr les amitiés que l’on peut tisser dans cet environnement.

Ce que je fais maintenant
Je suis actuellement au CELSA, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Paris-Sorbonne, qui a le statut de Grande Ecole. C’est une école qui a la particularité d’être à la fois universitaire et professionnalisante. Autrement dit, l’année se découpe en deux semestres : un semestre de cours au CELSA, avec des enseignants-chercheurs et des intervenants professionnels, et un semestre de stage ou de séjour d’études dans une université étrangère. Je suis donc en section Communication des Entreprises et des Institutions. Il s’agit d’une des filières les plus larges du CELSA dans la mesure où elle permet de travailler dans de nombreux domaines, du secteur privé aux institutions publiques, en passant par la culture, le mécénat d’entreprise ou encore les agences de communication. »
Marion Giroud, Khâgne moderne 2006-2007, élève au CELSA.

« Quand je suis rentrée en hypokhâgne, en 2006, je comptais n’y rester qu’un an. Finalement, je suis passée en khâgne et j’ai passé les concours pour intégrer les écoles de commerce. Je pense que pour tirer pleinement profit de la prépa, il faut y rester au moins deux ans. C’est vraiment un cursus complet qui nous apporte une vraie technique de travail, la capacité à travailler longtemps et efficacement, mais aussi, et surtout, une culture générale qu’il est possible de réinvestir dans plusieurs domaines.
La prépa est d’autant plus intéressante lorsque le lycée nous soutient dans nos projets. Et c’est la politique du lycée Champollion. Pour ma part, les professeurs ont pris le temps de me former lorsque j’ai voulu passer les concours aux écoles de commerce à travers la préparation aux langues, aux contractions de texte et aux entretiens de personnalité (épreuves qui diffèrent du concours de l’ENS)
Je voudrais ajouter que la voie littéraire ne ferme aucune porte et qu’il existe des alternatives à l’ENS qui reste une école très difficile à intégrer. Les écoles de commerce sont une des opportunités que nous offre notre formation. Qu’il s’agisse des concours ou du programme des écoles, les littéraires y ont leur place ; elles nous proposent un large choix de métiers et une expérience à l’étranger. Alors n’hésitez pas : venez en prépa lettres ! »
Gaelle Julia, en khâgne moderne 2007-2008, actuellement en école de commerce à Montpellier.

« Classe prépa : ni à idéaliser, ni à diaboliser.
Débuter des études supérieures par deux, voire trois, années de classe préparatoire ne laisse pas indifférent. Parfois nostalgiques, jamais amers, nous nous remémorons avec d’anciens camarades de khâgne les temps heureux comme les heures les plus critiques, les satisfactions comme les déconvenues de ces quelques années. La prépa est un leitmotiv dans nos conversations, un point de repère… Au cœur de la préparation du Capes d’histoire-géographie et de l’Agrégation d’histoire, nous nous souvenons de la densité de nos cours, de la richesse de nos professeurs, de la façon dont nous avons appris à travailler, à lire, à dialoguer, à critiquer… grâce à un parcours multidisciplinaire de grande qualité. A posteriori nous mesurons les aspects éminemment positifs de ces années parfois difficiles à gérer. Sortie du trio de tête de mon lycée, je me retrouvais face aux prétendants au sérail, l’ENS. Tout m’impressionnait : mes camarades, mes professeurs, les longues heures de travail, les exposés, les colles, les dissertations, le concours. Je ne me sentais jamais à la hauteur mais je me suis accrochée. Soutenue par la promotion 2006, j’ai noué des liens très forts avec ces étudiants souvent passionnés, j’ai savouré ce que l’on m’apprenait. C’est une formation qui m’a été très utile et que je recommande vivement. »
Léa Sallenave, khâgne moderne 2006-2007.

"La prépa littéraire, au premier abord, c’est vrai, peut sembler très sélective, exigeante et sans pitié. On connaît l’image du professeur de prépa qui rabaisse ses élèves, des étudiants qui entrent eux se vouent une compétition acharnée… la prépa telle que je l’ai vécue est tout à l’opposé. J’ai en effet fait deux ans de prépa hypokhâgne et khâgne au lycée Champollion juste après mon bac en 2OO4. Ces deux ans, et je ne le réalise que maintenant, m’ont énormément apporté. Sur le moment, la charge de travail semble impressionnante pour les petits bacheliers que nous étions : on nous impose la rigueur, la réflexion permanente, l’obligation de passer notre week-end à rédiger des pages et des pages de dissertation de philosophie aux sujets aussi incompréhensibles les uns que les autres… on nous fait lire des tas de livres d’histoire, de français, qu’il faut comprendre puis commenter ! …Mais au-delà de toute cette somme de travail, on réalise vite que la prépa littéraire est une sphère unique pour celui ou celle qui veut se cultiver dans de multiples domaines et surtout dans les meilleures conditions : des classes de prépa ne dépassant généralement pas 4O élèves et donc favorisant le contact étudiant/professeur par opposition aux amphis d’université bondés (parfois jusqu’à 4OO étudiants) où vous n’êtes qu’un anonyme face à des enseignants qui font leur cours et qui s’en vont.
Pour ma part, je n’ai pas choisi, après mes deux ans de prépa, un débouché "traditionnel" comme ont pu le faire mes amis (une L3 d’histoire, de philo, de langues…). J’ai préféré faire du droit et pour cela retourner en première année de licence… mais je dois dire que la prépa m’a apporté une formation d’esprit, une culture, une rigueur dans le travail et une vraie capacité de travail que je n’aurais pu acquérir nulle part ailleurs. Cette technique de travail m’a permis de réussir brillamment mes premières années de fac, contrairement à la majorité des étudiants des universités qui, n’étant pas encadrés et sans organisation de travail, redoublent ou échouent. Je suis donc à présent en troisième année de droit à l’UPMF de Grenoble et je ne regrette pas une seule seconde d’être passée par cette prépa : j’en tire le bénéfice actuellement et certainement d’autant plus dans quelques années.
Déborah Sahel, Khâgne moderne 2005-2006.

« Je suis entré en classe préparatoire au Lycée Champollion en septembre 2004 avec l’appréhension d’un lycéen ayant grandi à la campagne et qui ne connaissait la « prépa » qu’à travers les rumeurs largement répandues sur l’atmosphère détestable qui y règne, la charge de travail insurmontable, et la sévérité des professeurs.
Mes premières semaines en hypokhâgne suffirent à me montrer que ces préjugés étaient totalement infondés, en tout cas à Champollion. Certes, le rythme de travail est soutenu, bien plus qu’au lycée, mais n’est en rien incompatible avec une vie sociale riche. En outre, la taille à dimension humaine des classes permet une meilleure intégration et une grande proximité avec les professeurs. La prépa ce n’est donc ni le bagne, ni une maison de vacances, mais bien un programme où tout est mis en œuvre pour que vous réussissiez scolairement mais aussi – et l’un peut-il aller sans l’autre ? - humainement.
Ma première année m’a permis de faire un choix quant à mon orientation future : tandis que j’hésitais au départ entre l’anglais, les lettres modernes et l’histoire, j’ai pris conscience en cours d’année que l’anglais me correspondait mieux. La chance que les étudiants de CPGE ont, c’est d’avoir une idée de ce qu’est le travail universitaire dans divers domaines, travail qui change diamétralement par rapport au secondaire. Cette première année permet donc d’aborder la classe de khâgne (moderne) avec sérénité, puisque les étudiants ont eu un an supplémentaire pour décider de leur « spécialité » qui représentera une part importante de leur emploi du temps en seconde année.
Peut-être que l’on s’épanouit moins en khâgne culturellement parlant car c’est une année de concours, mais on apprend néanmoins énormément sur la rigueur et le rythme nécessaires pour réussir des concours nationaux. A ce sujet, j’aimerais dire qu’intégrer une prépa littéraire de province n’amoindrit en aucun cas vos chances d’intégrer une École Normale Supérieure : j’ai manqué l’admission de quelques places, comme trois autres étudiants de ma promotion.
Aujourd’hui, je suis étudiant en Master 2 d’anglais à l’université Stendhal. Je me destine à enseigner à l’université, après mon doctorat que je vais probablement faire en Ontario, au Canada. Et je suis bien conscient que mon passage en prépa a largement contribué à ma réussite scolaire, car, même si j’ai finalement intégré une filière universitaire classique, j’ai acquis à Champollion des méthodes de travail et une ouverture culturelle uniques.
Renaud ROUSSEL : Sept. 2004 – Juin 2006, LS2 puis khâgne Lyon spécialité anglais

« Bachelière de la filière générale économique et sociale, je suis entrée en classe préparatoire littéraire car je souhaitais encore bénéficier d’un enseignement pluridisciplinaire après le lycée, n’ayant aucune idée de la voie professionnelle que je voulais emprunter. Je ne l’ai jamais regretté, bien au contraire. La classe préparatoire m’a ouvert des horizons culturels plus larges, a aiguisé ma curiosité et m’a aussi appris à travailler. Apeurée au début par le mythe qui entoure ces classes, à savoir une compétition féroce et une ambiance de travail lourde à supporter, j’ai ensuite vite compris que cela n’était pas le cas. J’ai fait des rencontres qui comptent beaucoup à mes yeux, encore aujourd’hui.
Au cours de la deuxième année, s’est évidemment posée la question de ce que je voulais faire après la khâgne. Bien entendu, je voulais jouer toutes mes cartes pour l’ENS mais enfin je savais que mes chances étaient extrêmement réduites et qu’il fallait que je m’aménage une porte de sortie intéressante. Je savais depuis l’hypokhâgne que les écoles de commerce ouvraient leurs portes aux littéraires et que cette formation permettait également de travailler dans le domaine de la culture, que je ne voulais abandonner sous aucun prétexte. Je me suis donc inscrite aux concours.
J’ai finalement été admise à l’école de commerce de Bordeaux et j’espère que ces études me permettront d’exercer une profession qui me correspond, associant mon goût de la culture et de l’enrichissement intellectuel et une formation solide permettant de m’intégrer dans le monde du travail ».
Typhaine CHARRAT, khâgne moderne 2007-2008, en école de commerce à Bordeaux.

« Je suis passé par le Lycée Champollion des années 2002 à 2005. Il y a donc déjà quelques années de cela. Pourtant vous voyez que je reste attaché à Champollion puisque je viens témoigner de mon expérience dans ce microcosme. Microcosme car la prépa est loin par sa taille de la faculté. Des liens se tissent donc facilement. Mais le cadre influe aussi sur les études. Préparer les concours (les professeurs se chargeront de vous rappeler que c’est le but premier d’une prépa avant le fait d’obtenir une équivalence) c’est beaucoup d’énergie mais pas en pure perte. Si vous deviez rejoindre par la suite les bancs de la fac, vous constaterez que l’écrémage a retenu pour le master une grande proportion de khâgneux (à la louche 75%), preuve suffisante de l’intérêt de la prépa. La faculté de philosophie de Lyon accueille les bras ouverts les anciens khâgneux grenoblois. Vous serez surpris après deux (pour les carrés) ou trois (pour les cubes) cycles d’euphorie laborieuse (septembre-novembre), d’épuisement moral et physique (décembre-mars) et enfin de satisfaction ébahie devant la tâche accomplie (avril-juin) de quitter avec regret le lycée Champollion (snif !). Oui les cours ont un autre charme lorsqu’on a la chance d’avoir de petits effectifs et des professeurs motivés. Je me souviens que nous étions 16 en classe et seulement 5 en spécialité philosophie. C’est ce mélange de bonne humeur et d’exigence qui m’ont permis d’être admissible à Ulm et d’acquérir de bonnes bases pour la suite de mes études. Patrick Plagnal Khâgne classique 2005-2006.

« Après un bac S, j’ai décidé de faire une hypokhâgne, par goût pour les matières littéraires et pour la polyvalence du cursus proposé. Comme prévu ça a été dur : j’ai énormément bossé ! Mais je ne regrette pas mes deux années de prépa. Bien sur il y a des limites à respecter pour pouvoir tenir deux années : il est impératif de savoir garder un certain équilibre de vie, de ne pas sacrifier ses repas, son sommeil, et quelques heures de sport ou de loisir par semaine à la prépa : c’est essentiel.
Et il y a aussi des choses positives qui aident à tenir : une ambiance de classe conviviale, des cours intéressants, le sentiment de vraiment progresser, grâce à un suivi très personnalisé des professeurs et des exercices réguliers, les bonnes notes parfois, et pour finir, parfois, une sous admissibilité ou une admissibilité à l’ENS, des « récompenses » vraiment grisantes !!
Mais c’est surtout après la prépa qu’on se rend compte de ce que ça nous a apporté, en vrac, outre de solides amitiés : de la culture générale, une grande capacité de travail, de la polyvalence, de l’efficacité, de la méthode, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, de l’assurance, de la rigueur intellectuelle, un esprit critique… Tout ça chèrement acquis en deux ans de travail intense, mais qui est ensuite bien reconnu par les facs, les grandes écoles, et les employeurs… Après un an de fac d’histoire à Grenoble, où j’ai décroché une mention bien comme la plupart de mes camarades de prépa, j’ai réussi les concours d’entrée en master « Affaires publiques », à Sciences-Po Paris, ce qui me permettra de travailler en cabinet de conseil ou dans la haute fonction publique, des métiers peu connus mais passionnants, et je sais à quoi je le dois ! »
Sylviane Peters, Khâgne moderne 2005-2006.

« Pour moi la prépa n’a pas été un choix à proprement parler mais plutôt un refuge en attendant de pouvoir me lancer dans une carrière artistique. Je ne l’ai donc jamais réellement envisagée comme une porte vers les grandes écoles. Sur le coup c’était une expérience difficile parce que je ne savais pas vraiment ce qu’elle devait m’apporter et elle me prenait presque tout mon temps, m’empêchant de pratiquer une bonne partie de mes activités artistiques. Cependant, j’ai toujours réussi à me ménager du temps pour le théâtre, l’écriture et le reste et j’ai trouvé en prépa une infinité de ressources : les cours, les méthodes de travail, les références nombreuses, les discussions enrichissantes (ou pas)…même les colles et les dissertations m’ont obligée à mieux structurer ma pensée.
Je n’ai jamais autant mesuré la valeur de tout cet enseignement que maintenant. Je travaille dans le milieu artistique et je mets sans cesse à profit l’expérience que j’ai acquise en prépa. Une bonne méthodologie et de l’organisation sont des éléments essentiels pour la mise en scène et la réalisation et une grande connaissance littéraire est indispensable pour l’écriture et le travail dramaturgique.
On ne peut pas accéder au milieu artistique grâce à la prépa par contre le savoir et les compétences que j’y ai acquis se révèlent chaque jour un peu plus indispensables à mon travail »
Emilie Malosse, Khâgne moderne 2004-2005.

« J’ai fait une hypo et une khâgne classique en spécialité philosophie et j’en garde une si bonne impression que c’en est presque ridicule. Avant d’entrer à Champollion, j’avais fait une filière S spé math - autant dire que j’étais ignare en acte en matière de lettres. Après être sorti de Champollion, j’étais grosso modo moins ignare et j’avais surtout compris que je l’étais. Entre les deux, j’ai été pressé comme un citron, mais j’ai aussi eu l’occasion de rencontrer des élèves et des professeurs et de lier avec eux des relations singulières (au sens imagé et positif du terme). Je ne crois pas que de telles rencontres auraient été possibles en fac ; au contraire, je pense que la khâgne peut être un terreau fertile pour lier des relations plus intelligentes qu’à l’habitude. Après tout ça, j’ai fini ma licence de philosophie à Grenoble. L’expérience de la prépa m’a énormément aidé dans la suite de mes études, et je ne connais personne qui serait prêt à affirmer le contraire. Enfin, je passe cette année un Master à la Sorbonne où ont lieu à la fois des cours exceptionnels et d’autres très moyens. Le cadre est plutôt mauvais (locaux, travaux etc) ; mais l’enseignement et le dynamisme de Paris compensent amplement ces petits défauts »
Séraphin Faure-Brac khâgne classique 2006-2007.

« Je garde un très bon souvenir de mes deux années de classe préparatoire, même si tout n’a pas toujours été facile. L’hypokhâgne permet d’approfondir et de bien structurer la réflexion dans différentes matières. La pluridisciplinarité marque une réelle ouverture intellectuelle, et permet de progresser rapidement, puisque le travail fourni dans une matière vient compléter celui des autres matières. Il faut en profiter pour beaucoup lire, explorer les domaines que l’on connaît moins et continuer à sortir, à s’intéresser à l’actualité culturelle, entre autres, pour travailler sa culture générale puisque l’on dispose de plus de temps qu’en deuxième année. Le choix de la spécialité de deuxième année est important, et il faut y réfléchir assez rapidement en première année. Il faut aller vers ce qui attire le plus et ce que l’on prendra le plus de plaisir à étudier par la suite.
Le rythme accélère beaucoup dès le début de la khâgne, concours oblige. Les devoirs en classe ou à la maison, très réguliers, et les concours blancs permettent d’assimiler les connaissances et de bien structurer son travail, en le corrigeant suivant les remarques faites par les professeurs. La préparation au concours requiert un travail et une motivation certains, mais elle ne se fait pas seul(e). Sans esprit de compétition, la khâgne développe une proximité entre élèves et professeurs, et développe les échanges entre « spécialistes » de différentes disciplines. Elle permet donc d’acquérir des méthodes de travail efficaces et ouvre de nombreuses pistes de réflexion, même si l’on est parfois un peu frustré de ne pas pouvoir les approfondir toutes. Cette curiosité intellectuelle acquise demeure néanmoins un réel atout par la suite. Par ailleurs la classe préparatoire, bien qu’elle soit orientée sur le concours de l’ENS, laisse la possibilité de travailler d’autres concours, en permettant d’acquérir un socle de connaissances et de méthodes de travail que chacun peut utiliser et adapter ensuite à ses projets personnels ».
Henssien Agathe Khâgne classique 2007-2008.

« Je voudrais préciser tout d’abord, qu’avant d’être reçue en classe préparatoire, j’avais suivi deux premières années de médecine. Ainsi même avec un parcours atypique, on peut être reçu et réussir en prépa, tout est question de motivation et d’affinités avec les disciplines enseignées !
J’ai suivi une première année d’hypokhâgne en moderne. Les emplois du temps sont peu chargés mais il y a beaucoup de travail personnel : DM, révision pour les DS. Si cela peut paraître décourageant il faut savoir que cela nous apprend à travailler vite. De plus je peux assurer que j’ai continué à avoir une vie personnelle riche à côté des cours (sans bluffer !). Je pensais préparer le concours d’entrée à l’IEP à la fin de l’hypokhâgne (j’avais d’ailleurs choisi cette option) mais je me suis tellement plu en prépa que j’ai décidé de poursuivre en khâgne. On apprend une grande quantité de choses et de manière approfondie, il y a une vraie émulation de travail en classe, le niveau d’exigence est élevé…on se sent progresser. On reste longtemps nostalgique de la prépa par la suite du fait de l’encadrement et du côté personnel (on nous appelle par notre prénom). En khâgne le plus dur a été de choisir une spécialité, ce qui m’a toujours plu en classes préparatoires c’est la pluridisciplinarité. J’ai finalement choisi l’histoire. Cette deuxième année a été tout aussi enrichissante, plus contraignante peut être à cause du programme du concours. Mais je pense vraiment qu’en classes préparatoires, du fait de la répétition des entraînements notés à l’écrit et à l’oral, des effectifs réduits, on progresse très vite.
Après cela je suis allée en troisième année de licence d’histoire. On a en sortant de prépa des bases méthodologiques solides. Si la faculté est d’un très bon niveau pour le contenu des ses enseignements (les cours portent sur les spécialités des professeurs) ; en revanche les devoirs réalisés ne sont pas corrigés et il est plus difficile de progresser. En cela je pense que les années de prépa sont très bénéfiques. Après la licence j’ai poursuivi en Master 1 d’histoire contemporaine. A ce niveau le contenu change complètement, on touche à la recherche avec un sujet de mémoire.
Je prépare actuellement le Capes d’histoire-géographie et l’Agrégation d’histoire… »
Diane Déon, Khâgne moderne 2005-2006.

« A la sortie d’un baccalauréat ES, je suis entrée sans a priori en classe préparatoire Lettres Supérieures. La première année a été pour moi une période d’adaptation, il faut prendre ses marques, comprendre ce que l’on vous demande et rentrer dans le rôle que l’on vous donne : statut d’adulte face aux études. Il s’agit réellement de se positionner dans la relation face aux professeurs et au savoir. Ce n’est plus seulement accumuler des connaissances pour les réciter, mais les faire siennes pour se construire une pensée. C’est en cela que la deuxième année est passionnante, à travers les différentes matières enseignées nous pouvons tisser des fils de couleurs (métaphore littéraire de M. Leiris) entre elles, trame de notre pensée et de notre réflexion. Nous nous construisons un environnement culturel enthousiasmant car il permet de faire des liens à l’infini comme dans un étang plein de poissons (métaphore philosophique de Leibniz).
Mes études littéraires en classe préparatoire aux grandes écoles, Hypokhâgne et Khâgne spécialité philosophie, ont accru ma passion et mon goût pour la culture littéraire française et étrangère, la culture grecque et allemande, la culture philosophique et la perspective historique de la culture. Je poursuis mon parcours dans la perspective professionnelle de gérer l’organisation d’événements culturels au sein de la ville. C’est pourquoi je suis entrée en deuxième année à l’IEP de Grenoble pour intégrer l’année prochaine le Master « Direction des Projets Culturels ». Afin de garder une réflexion sur le monde je poursuis en double cursus la troisième année de licence de Philosophie à l’Université Pierre Mendès France.
Mon expérience en prépa est un souvenir magique, d’effervescence intellectuelle, d’envie de se construire et de penser. On en ressort grandi ! »
Agathe Mémier, Khâgne classique 2006-2007.


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