La mise en scène de Partenope à l’English National Opera

lundi 2 février 2009
par  Marie-Line Bouhatous

Un article écrit par Marie-Line Bouhatous, Etienne Brunet, Elise Alves, Caroline Jarry, Aurélie Lambert, Nina Pivard et Emmanuelle Teisseron .

La mise en scène de Christopher Alden a véritablement "dépoussiéré" le livret de Partenope et transformé cet opéra en une comédie riche en références aux arts du XXème siècle. Cela a nourri notre réflexion concernant le rôle du metteur en scène, et confirmé que le livret d’opéra peut acquérir grâce à lui une dimension intemporelle.

Le personnage principal, la sublime reine Partenope qui règne sur Naples, est bien loin des stéréotypes habituellement attribuées aux souveraines : point de cheveux longs, de couronne, de robes majestueuses. Avec ses cheveux courts et son porte cigarette, elle incarne parfaitement le mythe de la "garçonne" en vogue dans les années 1920. Elle vit entourée de soupirants et s’adonne à d’amusantes parties de cartes avec ses "amis".

Les autres personnages (quatre hommes et une femme déguisée en homme) sont tous vêtus de costumes-cravates de coupes identiques, mais de couleurs différentes. Ajoutés au fait que tous les personnages, excepté Ormonte, ont des voix aiguës, ces costumes rendent les identités sexuelles très ambiguës ! Les soupirants de Partenope ne ressemblent en rien à des prétendants éplorés mais boivent, jouent, font des acrobaties devant leur reine, parfois se provoquent dans un langage parsemé de jurons qui n’est certes pas celui de Stampiglia !
Tous plus dévergondés les uns que les autres, ces personnages évoluent dans un décor moderne, mais dont certains lieux restent dans l’ombre : Où monte l’escalier ? La porte sur la droite donne t-elle sur un jardin ou une autre pièce ? Des personnages apparaissent, mais d’où viennent-ils ?

Enfin, de nombreux accessoires font référence à de grands courants artistiques du XXème siècle : les masques à gaz utilisés avec humour par les personnages rappellent la Nouvelle Objectivité et Otto Dix dont les gravures montrent la guerre telle qu’elle est (La Guerre, 1924), Emilio déguisé en photographe nous fait penser à L’Avertissement de Georges Grosz. Le robot sur l’étagère est à mettre en lien avec la fascination de l’homme pour la machine qui caractérise l’entre-deux guerres. Pourquoi ne pas voir aussi dans la présence sur scène de water-closet une allusion à l’Urinoir de Marcel Duchamp ? Enfin, les immenses photos accrochées aux décors font hommage à Man Ray.

Avec cette mise en scène neuve, pleine d’humour et totalement inattendue, Partenope de Händel est passé du statut d’opéra seria conventionnel à celui d’une oeuvre pleine de jeunesse, d’amour, d’humour et de poésie.


Agenda

<<

2016

>>

<<

Décembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2829301234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930311

Météo

Grenoble, 38, France

Conditions météo à 0h0
par weather.com®

Inconnu

°C


Inconnu
  • Vent :  km/h - N/D
  • Pression :  mbar tendance symbole
Prévisions >>